Collectif montreuillois pour une alternative à gauche en France et en Europe  

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Reuters, le pétage de plombs
Par Clémentine Autain

Je découvre à l’instant la dépêche Reuters qui se trouve à la Une du site du Monde et vient d’être reprise sur d’autres médias. Elle reprend une interview que j’ai donné au Journal du dimanche et que vous trouverez ci-dessous pour comprendre mon hallucination ! La dépêche est intulée : “Clémentine Autain n’exclut pas un soutien à Ségolène Royal”. Cela ne correspond en rien à ce que j’ai répondu au journaliste du JDD. Ma position est claire, depuis longtemps, et elle n’a pas variée.

Au premier tour, je souhaite une candidature antilibérale unitaire. Il n’est évidemment pas question pour moi, en cas d’échec de cette dynamique en 2007, de me rabattre sur la candidate du PS ! Ca me paraît l’évidence mais, visiblement, il vaut mieux être claire et nette. De la même manière, j’ai toujours dit que j’appellerai à voter contre la droite et l’extrême droite au second tour. Si c’était Ségolène Royal la candidate de gauche de second tour, oui, je voterai pour elle : c’est vraiment pas un scoop. Dans les collectifs, nous avons toujours dit que nous ne mélangions pas droite et gauche. Ce que nous visons, c’est que le candidat ou la candidate de gauche présent au second tour soit antilibéral. Enfin, je précise pour la énième fois - si toutefois une ambiguité existait-, que je ne participerai pas à un gouvernement dominé par le PS dans son orientation actuelle. C’est la position adoptée par les collectifs et à laquelle j’adhère. Donc aucun scoop dans mes déclarations. Lire l’interview du JDD ci-dessous

Voilà l’interview :

La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, affirme représenter les antilibéraux pour cette présidentielle mais près de 8.000 militants ont d’ores et déjà signé une pétition en faveur de la candidature de José Bové. Où en est-on ?

    Soyons clairs : les Collectifs unitaires pour un rassemblement antilibéral n’ont à ce jour pas de candidat. Après la LCR, le PCF a pris une lourde responsabilité en refusant d’aller au bout de la logique unitaire que nous avions initiée. Un retour en arrière est-il possible ? J’en doute. Mais la pétition en faveur de la candidature de José Bové prouve que beaucoup l’espèrent et refusent d’être orphelins dans cette campagne. Pour ma part, je reste mobilisée pour que toutes les sensibilités de la gauche antilibérale se rassemblent. C’est le seul moyen d’être utile et d’ouvrir une autre voie à gauche.

N’est-il pas trop tard ?

    Ne nous y trompons pas : notre responsabilité va au-delà de ce scrutin car la situation dans notre pays nous rappelle chaque jour que notre parti pris antilibéral est juste. Comment faire vivre le droit au logement si on ne s’attaque pas à la spéculation immobilière ? Comment lutter contre les licenciements si on ne conteste pas la loi du profit ? Je serai, avec d’autres, au Forum social mondial à Nairobi la semaine prochaine parce que les alternatives doivent se penser à l’échelle mondiale. J’aimerais que l’on parle de nous pour tous ces combats, pour notre projet commun et non pour nos seules difficultés stratégiques.

N’est-ce pas utopique d’imaginer pouvoir vous retrouver le week-end prochain à Montreuil, moins de 100 jours avant le premier tour ?

    Après le choix du PCF de partir sous sa seule bannière en 2007, il est normal que nous discutions collectivement pour savoir quelle suite donner à notre mouvement. Pouvons-nous par exemple envisager des candidatures unitaires aux législatives ? En tout cas, notre perspective n’est pas morte. L’avenir est au rassemblement de toutes les forces, les traditions, les sensibilités de la gauche de transformation sociale, dans le respect les uns des autres. Notre diversité est une richesse sur le fond. Notre unité est indispensable pour créer une dynamique populaire et déjouer le bipartisme. Nous valons mieux que des rôles de figurants éparpillés à côté du PS.

A défaut de se retrouver dans la candidature de Marie-George Buffet, les antilibéraux ne peuvent-ils se retrouver dans celle de Ségolène Royal ?

    Dans cette campagne, Ségolène Royal porte le programme du Parti socialiste. Or, le PS n’a pas décidé de rompre avec les politiques libérales menées depuis vingt-cinq ans dans ce pays. Pour autant, je ne mélange pas droite et gauche, même si j’aimerais bien que Ségolène Royal aide à faire un peu plus la différence entre les deux… Il est en tout cas primordial de battre l’extrême droite et Nicolas Sarkozy.

Est-il envisageable de vous voir dans une éventuelle majorité PS, voire ministre d’un gouvernement de la présidente Royal ?  

    Etre aux responsabilités, nous y aspirons, mais pas à n’importe quelle condition ! Nous ne serons pas d’une majorité qui accompagne le libéralisme. Par ailleurs, souvenons-nous qu’en 1936, les choses n’ont pu changer que grâce à la conjugaison d’une victoire électorale et d’un mouvement social. Un pied dans les urnes, un pied dans les mobilisations !

Le site de Clémentine Autain

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